Inspirez-vous : une analyse des images gagnantes de MedFoto 2021 par Oriol Alamany

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  • 1/mars/2022

Vous êtes en train de vous préparer pour le concours? Aujourd’hui, nous allons vous donner quelques conseils pour mieux choisir vos meilleures images ou en tirer de nouvelles.

Nous révisons les photographies gagnantes de MedFoto 2021 à travers l’analyse d’Oriol Alamany, membre du Jury et du comité d’Organisation du premier concours international de photo de la Méditerranée.

Alamany est un photographe professionnel lié au monde de la conservation et de la nature avec une grande expérience. Il est l’auteur d’une douzaine de livres et ses photos et écrits ont été publiés dans des magazines tels que National Geographic, BBC Wildlife ou Terre Sauvage, entre autres.

Lisez cet article et laissez-vous inspirer !

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Gagnant catégorie Paysage: Rugissement de la mer, de Francisco Javier García

Nous voyons souvent des images de grosses vagues publiées, essentiellement liées à la photographie de surf. Mais Francisco Javier García a présenté à MedFoto une série de photographies de vagues avec un point de vue très différent: des du niveau de l’eau et capturées avec une lumière à la limite , au crépuscule la ou tôt le matin, toutes très attrayantes.

Parmi les différentes propositions soumises, le jury a retenu celle dite «Rugissement de la mer», dans laquelle pendant un dixième de seconde l’eau à l’avant de la vague prend fugacement la forme d’un visage de félin, la bouche ouverte et les cheveux au vent.

Dans cette photographie, la mer acquiert l’aspect d’un être vivant, agile, agressif et prêt à affronter les grands défis du futur qui l’attendent.

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Gagnant de la catégorie Vie sauvage: Le goéland d’Audouin, de Javier Herranz

Dans la catégorie vie sauvage hors de l’eau, les photographies d’oiseaux marins, l’un des êtres vivants mieux adaptées à l’exploitation de l’exigeant milieu marin, ont notamment dominé. Parmi les différents portraits de macareux, de fous de Bassan et de mouettes parvenus au stade final, le verdict était très serré.

Enfin, la plus votée a été cette goéland d’Audouin, l’une des espèces endémiques les plus importantes de Méditerranée, qui a été capitalisée dans la lutte des écologistes en raison de sa rareté.

Photographiquement parlant, c’est un portrait apparemment simple mais très élégant avec une exécution précise: le contraste bicolore du bleu du ciel avec le blanc du goéland, s’insérant dans le cadre une silhouette parfaite où seule le gir de la tête de l’oiseau, qui semble regarder le photographe, brise la symétrie générale de la composition.

Medfoto 2021 Solitud iluminada-c_Oriol Palmada

Gagnant de la catégorie Sport: Lumière dans l’obscurité, de Oriol Palmada

La voile est l’un des sports les plus purs que l’on puisse pratiquer en milieu marin, puisque le pratiquant n’a recours qu’à l’air, ce qui lui permet de se déplacer dans l’immensité de la mer. Nous sommes tous ravis lorsque nous lisons des nouvelles de marins qui se sont aventurés dans de longs voyages, parfois seuls, face à la grandeur et aux dangers de la mer.

Dans cette photographie prise sur un contre-jour audacieux, l’auteur a décidé de montrer le bateau naviguant, minuscule dans l’immensité de l’eau au milieu de la mer Méditerranée, montrant la sensation d’immensité, de solitude, la spectacularité et le plaisir de pratiquer ce sport.

La photographie capture parfaitement la relation entre la mer et les gens qui s’établit dans ces cas: un combat inégal dans lequel la mer peut gagner et l’être humain vulnérable doit recourir à toutes ses compétences et à sa résistance pour continuer.

Gagnant de la catégorie Métiers de la mer: Réparation des attirails de pêche, de Carles Alasraki

La photographie gagnante de cette catégorie montre le travail de trois pêcheurs dans le port avec les filets de pêche. L’image se distingue par son rythme visuel dynamique, où les lignes courbes qui forment les filets se combinent avec les positions diverses et opposées des pêcheurs.

L’auteur a choisi d’utiliser un format panoramique qui incite le spectateur à lire l’image horizontalement, en suivant la multitude de lignes visuelles de gauche à droite.

D’autre part, le traitement de la photographie, avec un contraste et un jeu de couleurs singuliers, nous rappelle des œuvres de peintres réalistes, comme Jean-François Millet et ses peintures d’agriculteurs, comme son œuvre bien connue « Des glaneuses ».

Momentos de juego_c-Rafael Fernández

Gagnant de la catégorie Sous l’eau: Moments de jeu, de Rafael Fernández

La photographie sous-marine ajoute à tous les défis photographiques habituels le fait que le photographe se retrouve dans un médium qui n’est pas le sien et dans lequel il a de sérieuses limites.

L’image choisie dans cette catégorie montre un groupe de globicéphales dans le détroit de Gibraltar. Outre la beauté des animaux eux-mêmes, leur répartition est très équilibrée dans le cadre, ayant un protagoniste occupant la moitié droite, au premier plan et dans une attitude ludique, et le groupe de compagnons, plus éloigné occupant la partie gauche.

Le fait que le globicéphale libère des bulles d’air nous rappelle qu’il s’agit d’un mammifère, tout comme nous, mais avec une capacité physique bien supérieure pour développer sa vie en milieu marin. Les rayons lumineux aident à éviter l’arrière-plan d’être un bleu uniforme, ce qui ajoute à la beauté de la photo.

El último descenso de un gigante_c-Rafael Fernandez

Gagnant de la catégorie Conservation: La dernière descente d’un géant, de Rafael Fernández

Cette image frappe immédiatement par son drame. Un énorme cachalot (connu sous le nom de Toño) plonge au fond de la mer avec un énorme filet de pêche fantôme empêtré dans sa queue qui l’empêche de respirer.

Toutes les pêches affectent d’une manière ou d’une autre la vie marine, mais parfois, avec les cétacés, les conséquences sont particulièrement dramatiques: blessures graves causées par les hélices, animaux handicapés après s’être empêtrés dans les filets, etc.

Cette photographie nous montre comment, même involontairement, les activités humaines affectent la vie marine.

Navegant cap a l'infern_c-Andreu Pujades

Gagnant de la catégorie Avec portable: Navigation vers l’enfer, d’Andreu Pujades

Le premier fabricant de téléphones portables n’imaginait pas que sa décision d’intégrer un appareil photo minuscule et rudimentaire dans un téléphone finirait par révolutionner le monde de la photographie. Désormais, les gens achètent leur téléphone davantage en fonction de leurs possibilités photographiques que de la qualité des appels.

L’une des caractéristiques des appareils photo des téléphones portables est de prendre automatiquement des photos panoramiques, simplement en déplaçant le téléphone de gauche à droite sans s’arrêter. La photographie choisie dans cette catégorie montre une vue panoramique, obtenue des du pont d’un catamaran, l’un des matins spectaculaires que la Méditerranée nous offre de temps en temps.

La photographie tire parti des fonctionnalités et des facilités de la photographie mobile, tout en montrant certaines de ses limites: observez comment l’automatisme a déformé la ligne d’horizon en raison du mouvement du bateau lors de son panoramique.

El regne de la tramuntana_c_Roger Rovira

Gagnant du prix spécial Costa Brava: Le royaume de la tramontane, de Roger Rovira

Cette catégorie vise à promouvoir et à soutenir la prise de photographies au niveau local.

Dans ce paysage côtier de la région du Cap Norfeu, dans le Parc Naturel du Cap de Creus, l’auteur joue avec la perspective exagérée d’un objectif grand angle pour obtenir une composition dominée par la forme tortueuse d’un pin façonné par des années de tramontane.

De plus, l’utilisation d’une vitesse d’obturation longue fait apparaître les branches comme en mouvement, ainsi que la surface de la mer, le tout sous un ciel d’orage.

Regata de diumenge 2_c-Dolors Peregrina

Gagnant du prix spécial L’Escala: Régate du dimanche, de Dolors Peregrina

La mer offre la possibilité de pratiquer un large éventail d’activités nautiques. Grâce à elles, l’être humain obtient non seulement un bénéfice économique comme avec la pêche professionnelle, mais aussi une jouissance de son temps libre.

La photographie, dans un traitement noir et blanc classique, et utilisant un angle de vue très bas à la contre-plongée qui fait ressortir les figures et les voiles sur un ciel nuageux, nous montre la joie d’une personne au retour de la pratique de son sport favori en mer.

Fam de peix_c-Sergi Llaurado

Gagnant par Vote populaire: Faim de poisson, de Sergi Llauradó

Cette photographie en noir et blanc prise avec un téléphone portable est celle qui a obtenu le plus de «J’aime» sur le compte Instagram du concours. Par conséquent, elle a été choisie comme vainqueure par vote populaire.

Juvenil de rap_c-Xavier Salvador

Gagnant du prix Medfoto 2021: Lotte juvénile, de Xavier Salvador

Il a été difficile de choisir la photographie la plus remarquable parmi toutes celles soumises au concours. Après un débat entre les membres du jury, celle-ci a finalement été choisie.

C’est un portrait difficile, un bébé lotte, bien que représenté presque comme s’il s’agissait d’un grand monstre marin, peut-être tiré d’un film de science-fiction. En réalité, c’est un être commun, minuscule et fragile, qui au cours de son cycle de vie planctonique devra se battre pour survivre dans une mer pleine d’ennemis dont il peut être une proie facile.

Cette photographie est très difficile techniquement étant donné le grossissement nécessaire pour capturer un si petit être flottant en son sein. L’utilisation d’un simple fond sombre met en valeur tous ses détails et son éclairage, sa transparence, offrant un résultat d’un grand impact visuel qui nous montre la fragilité, la beauté et le caractère unique de la vie dans notre Méditerranée.